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Le groupe Matmatah condamné pour provocation à l'usage des stupéfiants

NANTES, 19 juin (AFP)


Les quatre membres du groupe de rock brestois Matmatah, dont le procès avait relancé en mai la polémique sur la dépénalisation de la consommation de haschich, ont été condamnés lundi à 15. 000 francs d'amende chacun pour "provocation à l'usage de stupéfiants".

Leur manager, Julien Banes, et son père, Paul Banes, l'éditeur graphique du groupe, poursuivis pour "complicité", ont été condamnés à la même peine par le tribunal correctionnel de Nantes.

Le tribunal est allé au-delà des réquisitions du procureur qui, lors du procès le 15 mai, avait réclamé 50.000 francs d'amende dont 40.000 avec sursis.

Le président du tribunal, Pierre Petit, a estimé que "la simple présentation sous un jour favorable d'un produit stupéfiant tombe sous le coup de la loi L 630 du code de la santé publique", qui réprime la provocation à l'usage des stupéfiants.

Le chanteur Tristan Nihouarn (Stan), le guitariste Cédric Floc'h (Sammy), le bassiste Eric Digaire (Eric) et le batteur Jean-François Paillard (Fanch), absents lors de l'énoncé du jugement, risquaient une peine maximale de prison de 5 ans et une amende de 500.000 francs.

Le groupe, qui dispose d'un délai de dix jours pour faire appel, prendra sa décision d'ici à la fin de semaine, a indiqué Julien Banes. "A nous tous, ça fait quand même neuf briques. C'est beaucoup non?", a-t-il ajouté en plaisantant.



Condamnation "raisonnable"
L'avocate du groupe de rock brestois Matmatah, Dominique Piwnica, a elle estimé que la condamnation semblait "raisonnable" et qu'il fallait désormais "dégonfler la procédure".

"Le parquet de Nantes a voulu en faire une affaire de principe mais il ne faut pas que Matmatah devienne les martyrs de l'usage du cannabis", a-t-elle déclaré à l'AFP par téléphone. "On ne va pas immoler Matmatah sur le bûcher des pétards", a-t-elle ironisé.

Un autre groupe de rock breton, Billy ze kick, avait été poursuivi en 1994, sur les mêmes bases, pour le titre "mangez-moi, mangez-moi", extrait de leur seul album "le chant du psilo", qui vantait les mérites des champignons hallucinogènes. Ils avaient bénéficié d'un non lieu.

Les musiciens de Matmatah avaient été mis en examen pour provocation à l'usage de stupéfiants lors d'un concert donné dans cette ville le 22 novembre 1998.

Dans le collimateur, les déclarations d'un membre du groupe qui avait dit au public "vous pouvez vous asseoir et fumer un joint" que le procureur avait qualifié d'"une invitation sans équivoque à fumer du +shit+".

Etaient également visées deux chansons du groupe, au son "ethno-celte festif", leur tube "Lambé an Dro" et surtout le titre "Apologie".

"En tout cas, il y a déjà quelque chose de positif dans le fait qu'on ne nous demande pas de ne plus jouer nos chansons, ni de les retirer de la vente. Notre liberté d'expression n'est pas complètement atteinte, ni celle des autres groupes qui voudraient aborder le sujet (de la drogue, NDLR)", a estimé lundi Julien Banes.

Dans "Apologie", le groupe appelle à "légaliser" l'"anti-dépresseur" que constitue, selon lui, le "pétard".

"Apologie" s'achève par ce refrain: "L'alcool et le tabac ont le droit de tuer, car aux comptes de l'Etat apportent leurs deniers, messieurs dames, mourez donc d'alcool et de fumée, la patente est payée, la mort autorisée."

lundi 19 juin 2000, 19h04 (AFP)

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