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Toute cette histoire...

Louise Attaque Livre

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Automne 1994 : M. et Mme Attaque donnent naissance à Louise dans une maternité de la banlieue parisienne. L'enfant est quadricéphale. Ce qui, dans un premier temps, ne manque pas d'alarmer les parents. Mais se rendant compte, au bout de quelques jours, qu'avec ses huit bras le bébé maîtrise guitare, basse, violon et batterie, c'est avec sérénité qu'ils envisagent l'avenir.

Fille prodige ou parents indignes : Louise n'a que deux mois lorsqu'elle donne son premier concert.

M. et Mme Attaque placent Louise en apprentissage chez Life Live In The Bar, une asso parisienne qui se charge de lui trouver d'autres dates. En un an, la gamine va se produire dans une centaine de lieux, bars et petites salles, Que fait la police ?

Printemps 1996, profitant d'un concert d'un concert en Bretagne, la fillette fugue.Trompant la vigilance de ses Ténardiers, la naïve se jette dans les bras de l'organisateur. Las, le destin s'acharne : il s'agit en fait d'un redoutable tourneur, connu sous le nom de "Trois petits tours".

La pauvre Louise est soumise a des cadences infernales et il n'est pas rare qu'elle se produise dans des salles enfumées, bourrées d'ivrognes. La presse commence à s'émouvoir, à parler de ces concerts qui attirent de plus en plus de monde. Mais au lieu de l'indignation espérée, elle ne fait que susciter la curiosité de nouveaux aventuriers.

Il faut dire, Louise a tout pour plaire. Ses quatre personnalités complémentaires ( Gaëtan, Arnaud, Robin et Alexandre )dégagent sur scène une énergie aussi magique que conviviale.Ses chansons se retiennent par coeur et se reprennent en choeur. Et puis, depuis le tout début, Louise a une image forte : celle d'une enfant poupée ébouriffée, eux grands yeux de manga étonné. car l'un des siens, Robin, en plus d'être musicien, a un sacré coup de crayon.

Durant l'été 1996, Yann G., éditeur, tombe sous le charme, suivi de près par Marc T., respectable directeur du label. "La première fois ce qui m'a fait craquer c'est la voix et la qualité des chansons. Une telle voix, depuis douze ans que je fais de l'artistique, je crois qu j'en ai pas entendu trois et les deux autres été déjà signées." En dix jours, l'affaire est conclue et une tournée plus tard, Louise entre en studio avec l'homme de sa vie, Gordon Gano, leader des Violent Femmes.

21 avril 1997 : sortie du premier album. Moins d'un an plus tard, le 21 novembre Louise Attaque est Disque d'Or. Puis, très vite, Disque de Platine. Comment en est-on arrivés là ? L'enfant avait de toute de toute évidence de forts penchant naturels, mais quelle part doit-on imputer à son environnement et faut-il, une fois de plus incriminer les médias ? L'expérience de Nathalie R., attachée de presse, aurait, à quelques exceptions près, tendance à les disculper : "On a beaucoup travaillé avec la presse régionale et les fanzines pour les tournées. A la sortie de l'album, on a eu des chroniques dans la presse spécialisée, plutôt élogieuses, mais de gros papiers, il a fallu attendre que le groupe soit Disque d'Or pour en avoir. A part les articles de Libération, aux mois d'août et d'avril où là, par contre, c'était presque démesuré." Pour Laurent M., directeur du marketing chez Tréma, le rôle des radios est indéniable : " Bernard Lenoir a craqué pour le disque alors qu'il n'était encore qu'à l'état de test pressing. Oui F.M. l'a programmé tout de suite, les radios du rock 30 en général aussi, et  le groupe est très vite entré dans leur classement."

Louise Attaque Ville

Et puis, il y a eu "Nulle Part Ailleurs", le 3 avril, date décisive : "Pendant les quinze jours qui ont suivi, on a doublé la cadence des ventes." Si le rôle des médias n'est pas encore très clair celui de Louise est indéniable : coupable ! Non contente d'avoir aguiché le public pendant des années, sans relâche, avec un talent et une originalité indiscutables, elle a récidivé avec un premier disque terroriste, bourré de chansons explosives. A sa décharge, elle a sans doute bénéficié de complicités extérieures. Celle du label, Atmosphériques, a pu être établie :
- Avant de se préoccuper de sortir un album, il a aidé Louise à renforcer ses points forts, la scène, via la mise a disposition d'affiches et de moyens financiers.
- Lorsqu'il a été question d'aller en studio, il a laissé Louise choisir le producteur qui lui convenait.
- A peine les morceaux enregistrés, Louise était renvoyée sur les routes. Le témoignage de Yann H., tourneur, est édifiant : "Le jour de la gravure, le groupe était en concert à Strasbourg, parti pour une tournée de 150 dates. A Paris, on est passés d'une salle de 500 places en avril à une salle de 200 place en décembre. Entre-temps, entre autres festivals, il y a eu la Route du Rock à St Malo. Et ça a déclenché pas mal de choses."
- Un single promo est réalisé. diffusé dans les bars, il permet aux différents organisateurs de faire la promo de leur concert, tout en mettant le public le public en appétit avec cet avant-goût de l'album.
- 3 500 albums ont été mis en place alors que l'on considère généralement que 2 500 suffisent pour être bien en vue.
- De nombreux disquaire ont mis le disque sur bornes d'écoute, complices involontaires d'un piège subtil : "L'album est construit en deux parties, avec toutes les chansons les plus "catchy" en premier. Si on commence à écouter on a envie d'en entendre davantage..."
- Pour que l'engouement ne retombe pas au cours de l'été, période creuse, un clip a été réalisé.
- A l'automne, la tournée a été couplé à des show-cases chez les disquaires, ce qui a permis de remettre le disque en évidence et à un prix avantageux. ce qui tombait d'autant mieux que les magasins préparaient leur stock en vue des ventes de Noël.
- Prix, d'ailleurs, qui pendant plus d'un an a été volontairement maintenu en dessous de la barre des 100 F ( "Les gosses n'ont pas le pouvoir d'achat que l'on croit" ), etc. Les preuves sont accablantes et pourtant, Marc T. plaide les circonstances atténuantes : " Ca fait des années que je travaille avec des groupes français ou anglo-saxons et c'est très rare d'arriver à ce résultat. Alors, quoi que l'on puisse dire, si ça marche c'est avant tout parce qu'on a en face de nous un groupe exceptionnel."

Emmanuelle Debaussart

Article paru dans le magasine RockMixer n°1 daté de Mai 1998

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