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DAFT PUNK


Daft Punk, Guy-Manuel et Thomas

Date de création : 1994
Nationalité : française
Zone géographique : Europe
Style musical : Techno


Phénomène culturel et commercial de la fin des années 90, le duo Daft Punk a décomplexé le milieu techno français face à son maître britannique. Guy-Manuel de Homem Christo (né en 1974) et Thomas Bangalter (né en 1975), dont le papa a un passif dans la production disco des années 70, se rencontrent sur les bancs de leur lycée parisien en 1987.

Cinq ans plus tard, en 92, ils montent un groupe, Darlin', et enregistrent un simple sur un label anglais, Duophonic, label du groupe techno franco-anglais Stereolab. La presse d'outre-Manche célèbre honnêtement ce premier essai rock, qui se vend à 1500 exemplaires, mais un critique plus sévère qualifie la production du duo de "daft punk" soit de punk nul, qualificatif qui ne leur déplaît pas.

L'écho en France est à peu près inexistant, mais alors que la vague techno-rave envahit l'Hexagone, les deux compères, qui s'ennuient ferme dans leur groupe de lycéens, vont faire un tour à une rave géante dans le parc d'Eurodisney un soir de 1993. Là, ils rencontrent les responsables du label techno écossais, Soma. C'est donc avec eux, que un an plus tard, le duo, qui a finalement pris comme nom "Daft Punk", sort un CD 2 titres, "New wave" et "Alive", aux sons fermement plus techno que leurs productions passées.

Ils retrouvent alors les compliments de la presse spécialisée anglaise.
Photo Daft Punk n°1

Leur singularité vient du fait que, conscients des limites du genre, ils n'hésitent pas à intégrer dans leur techno, des sons disco, rock ou groove, et se revendiquent autant de Jimi Hendrix et des Stooges, que des pionniers du son house de Chicago au début des années 80.

Depuis leur adolescence, et à la suite d'innombrables séances d'écoutes, de Bowie à Kiss, en passant par Television et Talking Heads, sans oublier l'indispensable Serge Gainsbourg, ils ont fait une synthèse inédite et savante avec la culture house techno des années 90.

En mai 95, sort le titre techno-dance-rock instrumental, "Da Funk". S'ensuit une année de tournées, essentiellement dans les raves de France et d'Europe, où le groupe obtient un énorme succès en démontrant son talent violemment énergique de DJs.

Ils font, à Londres, la première partie d'un de leurs groupes favoris, les Chemical Brothers. Très demandés, ils cultivent leur notoriété et leur expérience en pratiquant les remixes pour les Chemical Brothers, séduits par le duo frenchy, ou pour la chanteuse Gabrielle.

Repérés par les grandes compagnies de disques, c'est la firme Virgin qui signe le groupe en 96. C'est sur une des compilations du label techno de Virgin, Source, que sort le titre "Musique" la même année. Source est alors le premier label à sortir Daft Punk en France.


Deux visages inconnus

Maîtres de leur travail, au sein de leur petite société, Daft Trax, les deux jeunes hommes font en sorte de travestir toute représentation de leur image, afin de conserver un maximum de tranquillité face au battage médiatique qu'ils provoquent.

Le 13 janvier 97, ressort le simple "Da Funk", suivi le 20 du mois par l'album "Homework". Selon les désirs du groupe, 50.000 exemplaires de l'album sortent en disques vinyles. Distribué dans 35 pays, ce disque se vend en quelques mois à près d'un million d'exemplaires. Album concept, ce mélange des genres séduit la jeunesse du monde entier. Loué par toute la presse spécialisée, mais aussi par la presse généraliste, qui ne perd pas un instant pour analyser les raisons de ce succès foudroyant, cet album est célébré à la fois pour son énergie et pour sa fraîcheur.
Le 11 avril 97, c'est au tour du titre "Around the World", cousin du tube pré-house des années 70, "Pop Corn", d'envahir les premières places des charts européens, mais aussi, fait nettement plus rare, des charts nord-américains. On retrouve même le titre "Da Funk" sur la bande originale de la superproduction hollywoodienne, "Le Saint", réalisé par Philip Noyce. Enfin, le groupe est invité à de nombreux festivals à travers le monde, dont le festival itinérant américain, Lollapallooza en juillet, puis les festivals anglais de Tribal Gathering, et de Glastonbury.

De octobre à décembre 97, le groupe entame une large tournée mondiale de 40 dates qui les mène à l'Elysée Montmartre de Paris le 17 octobre et au Zénith le 27 novembre. Après Los Angeles le 16 décembre, ils sont à New York le 20. Devant un public fasciné et attiré par leur mystérieuse identité, le duo se lance dans un spectacle ambitieux qui dure parfois jusqu'à cinq heures. A la mi-octobre, l'album "Homework" est double disque d'or en France, disque d'or en Angleterre, en Belgique, en Irlande, en Italie et en Nouvelle-Zélande, et enfin platine au Canada. C'est un succès sans précédent pour une formation française. Le 8 décembre 97, Daft Punk donne un concert au Rex Club, petite salle parisienne, avec Motorbass et DJ Cassius. Organisé au profit des enfants issus des banlieues défavorisées, le concert est gratuit en l'échange d'un jouet remis à l'entrée.



Etendard électro

Depuis leurs débuts, le duo cultive savamment sa notoriété grâce à un pseudo-incognito et une image de précurseurs indépendants. Fin 97, ils entrent en conflit avec la deuxième chaîne de télévision française pour l'usage sans autorisation que ces derniers auraient fait de trois extraits sonores du groupe. Procédure à tiroirs, cette affaire dure des mois avant la victoire des Daft Punk au printemps 98.

Figure de la musique électronique, les Daft Punk sont célébrés autant en Europe qu'aux USA. On peut les entendre ici et là, à Liverpool, à New York ou Paris. Leurs productions et leurs remixes sont toujours très attendus. Mais c'est un succès en solo qui envahit les dancefloors au cours de l'été 99. Sur son label personnel, Roule, Thomas Bangalter monte un groupe volontairement éphémère, Stardust. Leur titre, "Music sounds better with you" fait le tour du monde.

Très visuel, le travail du duo est mis en scène sur un DVD qui sort en novembre 99 sous le nom de "D.A.F.T. A Story About Dogs, Androids, Firemen and Tomatoes. On peut y visionner cinq clips dont quatre sont mis en scène par de grands noms du genre : Spike Jonze, Roman Coppola, Michel Gondry et Seb Janiak. Le cinquième est réalisé par le groupe en personne.

Près d'un an plus tard, sort le premier single original en deux ans, "One more time". Vécu comme un événement, ce titre annonce un nouvel album prévu au printemps 2001. La sortie du single donne déjà lieu à du piratage - symbole du succès - puisque le titre est largement diffusé sur les sites mp3, en particulier Napster, puis en radio avant même sa sortie officielle le 27 septembre 2000.

Le 12 mars sortira Discovery, album plus vraiment very disco de Daft Punk. Plutôt un monstre hybride dont l'étincelant montage évoque le seul autre disque de pop-musique que l'on attendait de l'an 2000 dans nos rêves enfantins les plus farfelus : le Kid A de Radiohead. Deux disques finalement aussi éloignés que proches, se répondant l'un l'autre. Car savamment et différemment dosée, c'est bien la même dynamique fascinante qui est ici à l'œuvre, ce même travail d'équilibre indistinct entre mélancolie et euphorie. On parla, à une époque, de disco filtrée en évoquant la musique de Daft Punk. C'est aujourd'hui trente années de musiques, tout à fait sourdes aux appels à la raison du bon goût officiel, qui se retrouvent filtrées par Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo.

Cocktail molotov dans le paysage musical français, Daft Punk innove à partir de vieilles recettes et crée en quelque sorte le genre techno-pour-tous.
Une biographie
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